Qui suis-je ?

  • Mes Parfums d'Egypte
  • : Je vis en Egypte depuis 1992 et je me propose de vous faire découvrir le pays des pharaons sous un angle inhabituel. Les parfums sont ma grande passion et je vous décrirai ceux que j'aime.
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Témoignage d'une vie

Vendredi 13 juillet 2007 5 13 /07 /Juil /2007 00:00

 

Bonjour,

 

Laissez moi aujourd'hui

vous parler de ma famille ! !

 



J'en suis si fière ! ! 

 

 

 

 

Je vais vous faire partager une tranche de ma vie
et vous présenter mes grands-parents
qui étaient des gens exceptionnels
dont la vie aurait pu être le sujet d´un film.



Je m´explique: Mon grand père - dit Pépé -
fut ce que l´on a appelé un « russe blanc »
 ( pro-tzaristes qui avait fui la Russie
 après l'abdication de Nicolas II en 1917)

Il a donc quitté la Russie au début du siècle dernier
et s´est enfuit en tant que passager clandestin
sur un bateau en espérant arriver en France
 sauf qu´il débarqua à Istanbul,
 fut vendeur ambulant jusqu´à gagner quelques sous
et remonta sur un autre navire qui,
cette fois ci, le laissa à Marseille.

 Mon oncle possède encore trois billets de 500 roubles
 que mon grand père possédait en arrivant en France ! ! !

 Ma grand-mère que nous appelions Mamy Cocotte
se maria à Prague en Tchécoslovaquie
avec un militaire qui vint se battre pour la France
au cours de la première guerre mondiale
en tant que légionnaire.

Elle eut trois enfants et appris ensuite
que son mari était porté disparu sur le territoire français.
(Il était militaire,
dans la Légion donc, administrativement, disparu).

 Bien que ne parlant pas notre langue,
elle décida en 1924 de venir en France
avec ses enfants afin de le retrouver.
 (Elle est venue avec ma mère et mon oncle,
ce n´est qu´en 1932 qu´elle est retournée
 chez ses parents à Pavlichow pour aller chercher
la petite dernière qu'elle n'avait pu,
vu son jeune age amener avec elle au paravant )

 Ma grand-mère a toujours raconté
qu´elle courut partout afin de tenter
de le retrouver, se heurtant
à la barrière de la langue et finalement
 l´armée l´installa à Verdun, dans la caserne Miribel
(c´est là que ma mère et mon oncle
 prirent contact avec le territoire français !
Ma mère avait presque quatre ans
 et son frère en avait deux. )

Cette caserne était comme la poubelle
de tout ce qui ne pouvait pas
s´intégrer immédiatement,
il y avait des gens de toutes les races
et des "russes blancs " tous cadres militaires
dans leur pays d´origine et
 qui étaient employés au déminage de la région de Verdun.

 Ma grand-mère lavait le linge de ces "russes blancs "
et c´est alors qu'elle fit la connaissance de Pépé
qui allait devenir par la suite mon grand-père
et le père de cœur de ma maman et mon oncle,
 ceux-ci n'ayant jamais connu leur père géniteur.

Mon oncle se rappelle bien qu'il jouait
 avec les gosses de son age à faire des fortifications
sur un grand tas de sable qui se trouvait
au milieu de la cour principale de la caserne.

 De l'autre coté de la cour
il y avait la partie militaire
avec des tirailleurs sénégalais,
 noirs comme du charbon et qui riaient toujours
 en montrant de grandes dents toutes blanches !

 Bientôt ma grand-mère et Pépé
sont sortis de cette caserne
pour aller dans une dépendance annexe
 où ils furent le seul couple.

Maman restait toute la journée
avec ma grand-mère et
 mon oncle partait avec Pépé
et l'équipe de déminage et
c'est là qu'il apprit bien des choses
 sur ce qui était dangereux.....

Il se souvient bien de l'endroit appelé « Ripon »,
non loin de Douaumont
qui ressemblait à un paysage lunaire....
plein de trous et d´obus qui n´avaient pas explosés,
 on y déterrait encore des morts.....
il ramassait les douilles de cartouches.....
il était encore trop petit pour " toucher " aux obus.

Et ça a été comme ça jusqu'à l´age de 5 ans
 car il devait aller à l´école enfantine et
accompagner sa soeur.

Il se rappelle de son tablier blanc à petits carrés bleu
que l´on boutonnait dans le dos
 et de son ardoise qu'il remplissait de A,B,....
et papa, maman,.....

Quand la famille a quitté Verdun,
il avait presque neuf ans et
savait lire et écrire,
non seulement le français
mais aussi le russe car le soir
 Pépé devenait le maître d´école
et apprenait aux enfants tout ce qu´il savait,
 le russe et quelques mots d´allemand et d´italien.

Ma mère et mon oncle lui doivent tout.

C´est grâce à lui et à tous ceux
qui leur apprenaient beaucoup,
beaucoup plus que dans n´importe quelle école
 si bien que lorsque qu'ils sont allés à Sault les Rethel,
 mon oncle était, aux dires du père Guillaume,
 son nouvel instituteur, un élève exceptionnel.

Ils partirent à Sault les Rethel
parce que la zone de Verdun
et une grande partie du
 Chemin des Dames étaient déminés,
restait encore quelque chose du coté de Rethel
et comme il fallait trouver une place
 pour entreposer tous les obus
alors Pépé a trouvé un endroit
près de Sault les Rethel à deux km du village
et près de la ligne de chemin de fer.

 C'est la qu´ils allaient enterrer
tous les obus, déminés donc sans danger.

 Vous devez vous souvenir
qu'il y a environ deux ans,
une partie des habitants d'une commune des Ardennes
furent tous évacués
car des engins de la guerre
 avaient été trouvés dans le sol.

 Mes grands parents,
ma mère et mon oncle
dormaient dessus il y a bien longtemps ! ! ! !! !

Bien sur,
ils n'étaient pas des français donc pas de problèmes !


Je ne vais pas vous raconter
tout ce que les français doivent à ces "russes blancs"
 car si les paysans ont pu labourer leurs champs,
 si on pouvait courir partout dans les bois,
 on le doit à ces pauvres types
qui ont fini presque tous, dans une explosion !

Mon oncle m'a raconté qu'à Ripon,
il se souvenait les voir couchés sur le ventre,
 un petit rouleau de terre devant eux
et avec une baïonnette, creusé le sol et
 sortir de terre la mine
qui attendait que quelqu'un marche dessus . ..
à cette époque-là, il n´y avait rien d´électronique,
c´était tout une question d´expérience
et de beaucoup de chance.

Et quand c´était fini, la mine désamorcée,
ils riaient comme des enfants et
quand on pense
qu´ils gagnaient à peine de quoi vivre !!

On était alors en 1932,
ma grand-mère retourna dans son pays natal
 pour aller chercher la petite dernière
et la famille fut enfin réunie.

 La petite Marie est entrée directement
dans l´école de Sault et
quand ils partirent pour Rethel, e
n 1934, elle parlait bien le Français
et suivait les cours normalement.

 Ensuite, ma tante Marie décéda
d´une poliomyélite et du manque de pénicilline.
Elle est enterrée à Berck-plage.



J´ai oublié de vous dire que mes grands-parents
ont habité pendant environ quarante ans
dans une grande propriété dont l´usufruit
 leur avait été donné jusqu´à leur mort
 par la princesse Ghislaine de Monaco.( ??? !!! )



 ( Ghyslaine, Marie, Françoise Dommanget
est une comédienne
née le 13 octobre 1900 à Reims
et décédée le 30 avril 1991 à Neuilly-sur-Seine.
Elle fut par son mariage avec Louis II de Monaco,
la princesse Ghislaine de Monaco.
Elle est la fille de
Robert-Joseph Dommanget 1867-1957
et de Marie-Louise Meunier 1874-1960.)
 Source Wikipédia)

En effet, dans les années 40,
 ils avaient été pris en affection
par une personne qui leur confia son relais de chasse
 en leur demandant uniquement de l´entretenir.

C´est la raison pour laquelle
 je suis née à Sault les Rethel
 dans cette propriété remplie de merveilleux souvenirs ! !





 Il y avait trois maisons dont un relais de chasse
et aussi un petit étang formant un huit
avec un petit pont en son milieu.

Pour moi, fille de la ville
et amoureuse encore à l´heure actuelle
du béton et du ciment,
c´était le dépaysement complet.

 Il y avait une chèvre, des moutons
 et une basse-cour complète avec des poules,
 lapins et aussi des canards de barbarie.

 C´était mon paradis
car une tonnelle de vigne vierge
 me servait de petite maison où je me réfugiais très souvent
et où je jouais des heures entières.

Le tout s´étendait sur trois hectares
où je pus y faire mes premières armes en vélo
 et plus tard m´apprendre à manoeuvrer
ma première voiture
(une Austin mini 1000 avec quatre pots d´échappement !!!)

Les années et les décennies passèrent
et cette famille reconstituée du affronter
la deuxième guerre mondiale.



Maman devint infirmière et
 mon oncle passa de nombreux diplômes
 et finalement reçut un pompeux certificat
d´ingénieur aéronautique.

 Mais tout cela ne fut pas si simple.


  Comme il avait terminé
 tout ce qu´il pouvait obtenir en diplômes à Rethel,
dans l´école supérieure des garçons
et comme Pépé ne gagnait pas suffisamment
 pour l´envoyer dans des hautes écoles,
 il suivit les cours par correspondance,
 les cours de l´Institut Moderne Polytechnique
et étudiait tout en se rendant utile.

Bien sur les bons bourgeois de la ville
se demandaient comment il pouvait vivre !

Alors en 1939 on dit
qu´il " faisait partie de la troisième colonne "
 et quand la France fut envahie,
 on dit que c´était " un sale espion russe "
et après la libération
 il était devenu " un collaborateur "

 Drôle de monde celui d´après guerre !

Finalement quand, en 1944
la Compagnie Française d´Aviation
ouvrit ses portes, on lui demanda
d´être Dessinateur Principal,
dans le bureau d´études
(aujourd´hui on appelle ça " Projeteur"
et après trois ans où il travailla sur le projet d´un avion,
il s´expatria (lui aussi !! )
vers le Brésil où il réside depuis 1947.

Il est à présent en retraite et
a été Quality Director pour
l´Amérique du Sud de la société Osram
 (Fabrication de lampes ).

 Beau parcours
lorsqu´on songe à toutes les difficultés
qu´il a pu rencontrer !!!


On ne peut être qu'admiratif
et tirer son chapeau devant tant de détermination.

 Le père des enfants,
 le mari de Mamy Cocotte, étant porté disparu
 cette dernière eut,
après de nombreuses années,
 la possibilité de se marier avec Pépé et
 la cérémonie eut lieu en 1958 .

Maman était mariée et j´avais huit ans.
Nous habitions en Allemagne (1964)
 lorsque maman reçut une lettre
 venant de Tchécoslovaquie qui émanait
 de son père géniteur disant
qu´il était venu souvent voir de loin ses enfants
mais n´avait jamais osé les approcher.

Il était marié et avait fondé une nouvelle famille.

 Cette nouvelle ne lui procura
aucune émotion particulière étant donné que pour elle,
comme pour mon oncle du Brésil,
 Pépé était leur seul vrai père:
celui qui les avait aidés,
nourris et supportés dans les moments difficiles.

Ils étaient petits
lorsqu´ils avaient quitté leur pays
et ne connaissaient que lui.

Ils le considéraient comme leur père
et rien ne pourrait les détacher
de ce sentiment si fort.

 Quelque temps après arriva
 un télégramme de Prague annonçant
 le décès du premier mari de ma grand-mère
 et la vie reprit son cours !!!

(Mon oncle m'a précisé que son père géniteur
lui avait écrit plusieurs lettres
lui expliquant les raisons de son abandon,
 mais comme il lui répondit que
c'était son problème avec son épouse
donc sa mère, ce qu'il pouvait seulement lui reprocher
 c'est de ne pas lui avoir écrit plus tôt,
 mais que cela n'aurait en rien changé les choses,
 pour lui, Pépé était son seul vrai père
 car c'était lui qui l'avait élevé.
Les choses en sont restées là.

Il était alors hospitalisé à Prague,
 peu de temps après il reçut une lettre lui annonçant sa mort. )

 Quelle destinée,
qui, en raison des difficultés de communication
avait empêché deux êtres de se retrouver
 et les avaient poussés à se trouver bigames à leur insu !!!


L'armée et
un soit disant secret défense en ont décidé ainsi ! ! ! ! ! !


Il faut aussi dire que ma grand-mère
 avait 6 frères et soeurs et
que l´une d´entre elle eut également une histoire pittoresque.

 En effet, très jeune, elle tomba amoureuse
 d´un garçon qui partit ensuite vivre en Argentine
 pour des besoins professionnels.
Elle ne pouvait le suivre
et se mourrait d´amour pour lui ;
alors tout le village se cotisa et
lui offrit le voyage jusqu´en Amérique du Sud.

 Imaginez ce que ça pouvait
 représenter dans les années 1915 / 1920 !!!

Elle partit, l´épousa et resta
 toute sa vie durant à Buenos Aires
tout en correspondant avec sa soeur
(ma grand-mère) jusqu´à sa mort (fin des années 80 )

 Je ne l´ai, bien sur, jamais connue
mais je savais depuis toujours
 que j´avais "la tante d´Argentine"
qui nous donnait des nouvelles et
qui alimentait ma collection de timbres !!!

Mon oncle me confirma qu'elle eu deux filles
 qu'il rencontra un jour lors d'une visite à Buenos Aires.



 Ma grand-mère nous a quitté le 16 avril 1992;
 elle me manque beaucoup
et reste toujours présente dans mon esprit.

 Pour mes petites filles,
Sarah la grande et Shérine la petite,
la connaissance de
 leur arrière-arrière grand-mère
(qu´elles n´ont bien sur jamais connue)
 est forte et très souvent
 elles me questionnent sur Mamy Cocotte.

Je trouve que la perpétuité du souvenir
 revêt un caractère indispensable
 qui leur permettra à leur tour de le transmettre plus tard.

 J´ai l´impression que ma grand-mère
 est toujours avec nous
tant elle est présente dans notre vie quotidienne.

J´ai d´ailleurs ramené de France un album
où se trouvent de nombreuses photos
 et regarder ce recueil est toujours
 pour les filles, une source perpétuelle de questions.


Alors, cela ne pourrait-il pas faire
 l´objet d´un scénario de film ?
 Le seul problème est que tout est vrai
 et confirme l´adage que souvent :
 la réalité dépasse la fiction.


Ma grand mère est
la petite fille blonde ! !


Merci de vos passages et
à tout soudain ! !



Publié dans : Témoignage d'une vie
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Mercredi 28 février 2007 3 28 /02 /Fév /2007 00:00


Ma grande insouciance  ! ! ! !


 

A la demande de Kikojo, j'ai complété cet ancien article
que j'ai agrémenté de quelques photos d'époque ! !  !


Je suis née au début des années cinquante
( le 2 janvier 50  très : donc vraiment au début de la moitié du siècle ! ! ! )
et ai eu une enfance plus que merveilleuse qui m'a façonnée de
m
anière indélébile.


J'ai vu le jour à Sault les Rethel ( 08) chez mes grands-parents maternels.
Mes parents habitaient à cette époque à Luxembourg et
maman ne voulait en aucune façon accoucher en clinique de peur
qu'on lui change son enfant (cela aurait été dommage ! ! ! ! )


     

Il faut tout de suite situer le contexte d'après guerre et
signaler également que maman fut assistante de chirurgien
-responsable de la salle d'opération dans une clinique parisienne.

Elle rencontra mon père et ils se marièrent en fin 1947.

Papa était licencié en droit, ingénieur agronome,
et fit toute sa carrière pour différentes marques de vins
tel que Mercier, Kiravi ou Cordier ce qui nous poussa
à changer de nombreuses fois de résidence et
très vite nous appréciâmes,
tous les trois, ce mode de vie.

(Je dois aussi vous signaler que je suis fille unique
et en revendique haut et fort ce bonheur.)

Donc, je suis née dans les Ardennes
alors que nous habitions à Luxembourg.
Nous sommes ensuite partis à Laulée près d'Azay-le-Rideau)
dans un domaine viticole et notre demeure
ne comptait pas moins de quinze pièces !

Je dois être honnête et préciser que les seuls souvenirs
que je garde sont ceux des photos de notre album de famille
où j'eu la surprise de me découvrir juchée
sur un cheval accompagnée du maître de chaix.


Ensuite vint Compiègne dont je ne me souviens pas beaucoup
si ce n'est l'école des soeurs ou plutôt le jardin d'enfants où j'allais et
où la mère supérieure s'était étonnée du fait que je chantais
« l'artilleur de Metz »
( papa l'a toujours soupçonnée de connaître
ce chant de corps de garde ! )

Nous partîmes ensuite nous installer en Algérie
où nous sommes restés une dizaine d'années (jusqu'en 61).

Beau pays, où j'ai quasiment passé mon enfance et
dont je ne garde que de bons souvenirs
hormis ceux relatifs à la guerre que nous avons vécue intensément ;
je me souviens du 13 mai 1958 - date de la prise de pouvoir des généraux
- où nous étions à Oran et avions été au cinéma (maman et moi).
Lorsque nous sortîmes de la séance, des chars avaient envahis les rues
et nous fumes obligées de courir jusqu'à la maison.
Dans la soirée, nous avons appris que les généraux avaient pris le pouvoir
et que désormais les liaisons avec la métropole étaient suspendues.

Mon père était donc bloqué en France avec impossibilité
de revenir
pendant un mois ! ! !
Lorsqu'il revint à Oran et que nous allâmes
le chercher à l'aéroport de « la Senia »,
nous avons eu du mal à le reconnaître,
tant il avait grossi d'une dizaine de kilos
car il avait fait une cure de fraises à la crème ! ! ! !

Nous habitions rue laurent Fouque en face d'une mosquée
et notre voisin qui était un couturier de talent
n'était autre qu'Yves Saint laurent ! ! ! !
Que de fois ne l'ai-je vu, son mètre autour du cou
prenant les mesures des clientes dont maman faisait partie ! ! ! !

Dès 1957, nous avons possédé une télévision et j'ai, ainsi,pu très tôt
me nourrir des programmes que nous dispensait la télévision algérienne.

J'ai ainsi pu voir JP El Kabach à ses débuts et
me familiariser avec les films arabes
qui étaient diffusés tous les lundis soirs ! ! ! !

Mes premiers « disques » étaient des « sonorama »
genre de livres composés de six ou sept disques en plastique.
J'y trouvais tout ce que je voulais,
actualités et dernières nouveautés françaises.
J'étais capable de vous réciter l'enterrement de
Foster Dulles sans rien y comprendre :
"Nous sommes dans la capitale de Washington……………. »


Nous partions tous les ans de juin à début octobre
en France avec notre voiture
( un Opel Kadet beige) que papa faisait arriver à Sète
via les pinardiers qu'il affrétait dans son travail.
Il représentait une boite Suisse
et devait donc envoyer le vin algérien
(Mascara en général)
vers les chais qui se trouvaient Rolle.

Très souvent, nous allions à l'embarquement de notre automobile
et je me souviens avoir frémi en la voyant décoller des quais
dans un immense filet qui devait la poser
en douceur dans les soutes du bateau.

Au début, nous faisions la traversée de la méditerranée sur ces bateaux,
mais une fois, nous avons essuyé une terrible tempête qui a fait que
papa n'a plus jamais voulu mettre les pieds sur ces bateaux
et nous rejoignait par avion à Sète ou à Port-Vendre.

Nous remontions ensuite jusque Paris via Roanne pour voir la famille
et poursuivions jusque dans les Ardennes, à Sault les Rethel.
De là, nous « vadrouillons » au gré de l'humeur et du désir de mes parents.

Nous sommes ainsi allés jusqu'en Tchécoslovaquie
rencontrer des cousines de maman qui habitaient à Prague.
Nous avons de nombreuses fois traversé l'Autriche, l'Allemagne,
la Belgique, la Suisse et l'Italie.
Je me souviens des routes enneigées du mois d'Août du Grossglockner,
des belles vallées près de Cortina D'empetzo
et de Venise sous la pluie ! ! ! ! !

En conclusion, je vous dirai que les années 50 sont pour moi,
synonymes de bonheur intense avec mes parents.
Temps de l'insouciance et de la joie de vivre.

Bien sur la décennie suivante ne fut pas du tout la même
et vous pouvez retrouver mes aventures des sixty's ici ! ! .



Paris 1956 :
avec maman et mes deux grands-mères
se tenant par le bras !

Merci de vos lectures et vos commentaires,

Publié dans : Témoignage d'une vie - Communauté : ALGERIE
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Samedi 18 novembre 2006 6 18 /11 /Nov /2006 00:00


Nouvelle vie
 
 
 
Bonjour,


Comme vous le savez, je vis en Egypte à Hurghada mer rouge.
Mais comment cela s’est-il fait et décidé ????

Je ne vais en aucune façon vous raconter toute ma vie
mais pour des raisons personnelles,
j’ai tenté depuis quelques années de partager mon temps
entre l’Égypte et Reims ;
cette situation ne pouvant plus durer,
nous avons d’un commun accord,
décidé d’aller tous vivre désormais à Hurgada
où réside ma fille avec sa famille.

Quand je dis : tous, cela veut dire,
maman, mon mari et moi-même.

Grande décision qui marqua un tournant dans ma vie ;
en effet, pour cela, il nous a fallu vendre la maison de Reims
et ne partir qu’avec quelques valises.

Ensuite, prendre deux appartements
à Hurgada non loin de ma fille.


Il faut tout de suite signaler que tout
s’est déroulé à une vitesse grand V et
que la maison a été vendue en huit jours,
tout comme la majorité du mobilier ; bien sur,
il restait à tout vider mais cela nous a permis
de faire un bon nettoyage…………car, bien sur,
pendant toutes ces années passées à Reims,
et ayant beaucoup de place, j’avais, comme tout le monde,
entassé une foule de choses ! ! ! ! !

Mon propos n’est pas du tout de raconter ma vie
et ses péripéties qui ne doivent pas être bien
différentes de vos propres préoccupations
mais je voulais simplement attirer votre attention
sur quelque chose que j’ai vécu
et qui se déroula (Dieu merci) sans grosses difficultés,
mais qui se passa d’une façon totalement autre
de ce que j’avais initialement prévu.


Je m’explique : lorsque, le 17 septembre 2004
nous prîmes notre décision,
cela supposait obligatoirement de tout vider
car il est impossible d’effectuer un véritable déménagement
vers l’Egypte où les droits de douane étaient exorbitants
eu égard aux choses ramenées.


Le doute et l’inquiétude commencèrent donc à m’habiter
et je ne cessais de me poser toute sorte de questions.

Vinrent ensuite les quelques jours où beaucoup de monde
défila dans MA maison et les premières ventes se réalisèrent……
..Et là, je fus très surprise ;
en effet, moi qui pensais que cela allait déchirer mon cœur et
celui de ma mère : rien ne se passa et bien au contraire,
nous fûmes presque heureuses de voir partir

NOS meubles et NOS bibelots
auxquels nous pensions tant tenir ! ! ! !

L’être humain est donc une bien curieuse machine
et d’une complexité extrême ! ! ! !

Rendez vous compte :
il est capable de s’attacher pendant des années à des objets
(meubles ou bibelots)
auxquels il semble tenir comme à la prunelle de ses yeux
et sans lesquels il semble ne pas pouvoir vivre,
et il est également apte à s’en séparer sans aucun remord ! ! ! !

Comment expliquer cette contradiction ?

Peut être que lorsqu’un choix DOIT se réaliser,
notre subconscient effectue alors une véritable remise à niveau
des valeurs et ne s’embarrasse-t-il plus alors
de toutes les considérations quasi affectives
que nous attribuons à nos objets ?

Je ne pourrais vous répondre
mais je n’ai pu que constater cette situation.

J’ai beau tenter d’analyser mes sentiments sur ce sujet :
je ne peux qu’en déduire que, bien sur,
nous aimons tous notre foyer et essayons de l’aménager
le plus à notre goût possible,mais que lorsque,
comme moi, nous devons nous séparer de son contenu,
nous relativisons son importance pour n’en garder
que les vrais objets chers à notre cœur et
donc les plus sentimentalement importants.

Nous sommes donc partis avec 511 KG de bagages 
contenant une foule de petites choses
ayant chacune sont histoire ! !

Par exemple, le carillon de ma grand-mère
que je ne vendrai pas pour tout l’or du monde ;
il n’est pas spécialement à mon goût,
mais il a bercé toute mon enfance
et sa douce musique rythme ma nouvelle vie
sans me faire oublier pour autant mes racines.

J'ai également ramené une foule de petits objets
qui ont chacun une histoire bien précise
ce qui me permets ainsi de replonger dans mon passé ! !


Comme cette statue en albâtre


Celles ci , qui viennent du Brésil et
dont Nefred a si bien retracé leur histoire ! ! 

Ce petit vase ayant appartenu à maman.


Les gravures anglaises de mes parents.

Et ce miroir de chez mes grands parents ! !



J'ai pensé mettre en ligne cet article
pendant que je serais à Louxor
ville chère à mon coeur ! ! !


Merci de vos lectures et à bientôt.

 
Publié dans : Témoignage d'une vie
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Samedi 8 juillet 2006 6 08 /07 /Juil /2006 00:06

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Bonjour,
En cette période de vacances,
je ne peux résister à vous parler d’un endroit cher à mon cœur.

Il s’agit du lycée français de Baden-Baden ou
Lycée Charles De Gaulle
où j’ai passé de merveilleuses années d’internat……
de 1961 à 1965


Tout d’abord, un peu d’histoire.
Baden-Baden est une ville allemande,
située dans le Land de Bade-Wurtemberg.

La ville est connue en tant que centre de villégiature,
station thermale et pour ses festivals internationaux.
Jusqu'en 1931, la ville portait le nom Baden,
mais on l'appelait la plupart du temps "Baden in Baden"
(Baden en Bade), d'où l'origine du double-nom de la ville.

En 1945, après l'effondrement du IIIe Reich,
la ville devint le siège du commandement en chef
des Forces françaises en Allemagne (FFA),
avec construction d'une véritable ville française
dans les quartiers ouest de Baden-Baden,
dans laquelle vivaient environ 5 000 Français
(militaires du contingent, officiers, familles)
disposant de nombreuses infrastructures
: supermarchés, écoles et lycée français, église catholique...
Cette présence française a pris fin au début des années 1990.

Bien que mon père ne soit militaire,
les autorités acceptèrent ma venue dans cet établissement
et je peux désormais vous dire que mes parents et amis
devaient porter sur l’enveloppe la mention SP 69037
sans y préciser Baden-Baden…..secret militaire oblige ! ! !

Ce lycée a laissé à chacun de ses élèves un souvenir indélébile :
il constituait dans les années 60 le top du top
et le retour en des lycées en France fut
, en ce qui me concerne un véritable choc.

Il faut reconnaître que son emplacement même incite au rêve :
imaginez un endroit niché dans les contreforts de la forêt noire ……
nos salles d’études donnaient sur ces grands sapins et
nous n’avions qu’à traverser la rue pour nous y rendre ! ! !
Il était moderne dans sa conception et
une agréable ambiance y régnait.

Il me faut vous rappeler que nous habitions à cette époque
près de Frankfurt am Main distant de 300 km du lycée et
que certains week-end mes parents préféraient venir me voir.

Nous passions alors de délicieux moments à Baden
dans des hôtels prévus pour des cures thermales.
Parfois même, nous nous rendions à Strasbourg ! ! !
D’autres week-end, j’étais collée…et
je devais rester le samedi dimanche au lycée….
.nous allions alors en rang, non pas serrés au cinéma militaire……
..je me souviens de « la grande évasion »
avec le beau Steve Mac Queen ! ! !

Un site de « retrouvaille » a vu le jour et
je vous invite fortement à le consulter http://www.annees-ffa.com/public/accueil.php
Par son biais, j’ai eu l’immense joie de retrouver
une amie perdue de vue depuis……40 ans ! ! ! !
Que de souvenirs ont ressurgis en peu de temps ! !
Les nuits au dortoir,
les bêtises que nous faisions en étude,
les pions, les copains…etc ! ! ! !
Enfin tout ce que des élèves de 14 ans
peuvent inventer lorsqu’ils sont pensionnaires ! ! !
Je vous laisse le choix ! !

 

Baden-1.jpg

 

baden internat 1   

 

baden internat 2


Forte de toutes ces nouvelles émotions,
je me suis précipitée sur Google earth et
j’ai ainsi pu retrouver cet endroit magique ! ! !

 

 Baden.jpg


La rédaction de cet article ne fut pas sans arrière pensée
car j’espère ainsi lancer une sorte de « bouteille à la mer »
et retrouver d’anciens camarades de classe.

Merci de vos passages et 

à tout soudain ! ! ! 





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Jeudi 15 juin 2006 4 15 /06 /Juin /2006 02:39
                                          Ma prise de conscience  ! ! !

Bonjour,

Chose promise, chose due et je dois avouer avoir été un peu frustrée d'arrêter mon récit sur les années 50. En effet, celui-ci ne me semblait pas complet car je me devais impérativement de vous livrer la suite logique de mon existence ( ! ! ! )


Nous étions donc en Algérie où la situation locale devenait de plus en plus compliquée. Je ne reviendrai dons pas sur notre départ précipité qui a déjà fait l'objet d'un article de ma part.

Pour vous évitez d'aller le consulter, je vous dirai en gros que notre appartement avait été plastiqué et que mon père décida donc de rentrer en métropole avant qu'il ne soit trop tard.
Le déménagement se fit courant septembre et durant cette période, mes parents me laissèrent chez mes grands parents maternels dans les Ardennes.
Je suivis donc pendant trois mois les cours de l'institution Sainte Marie de l'enfant Jésus avec tout ce que cela comporte de contrainte religieuse.
C'est avec une infinie tendresse que je repense à cette période passée avec mes deux grands parents.

J'ai d'ailleurs écrit un article les concernant :  "Quelle vie" ! ! et je vous invite fortement à aller le lire afin de vous faire une idée du contexte dans lequel j'évoluais.


Après les vacances de Noël, je partis pour Sète pendant une année.
Là, je découvris les copains, le rock et les mobylettes sans oublier l'étang de Thau après le lycée.

Nous étions alors considérés comme des rapatriés d'Algérie et il faut être honnête : peu aimés par nos compatriotes.
C'est l'époque où je ressentis pour la première fois une forme de racisme ou de discrimination à mon égard ! ! ! Quel choc pour une enfant d'une douzaine d'années qui avait déjà côtoyé tant de cultures et de mentalités différentes (catholique, musulmane ou juive) et qui ne comprenait pas pourquoi le seul fait d'arriver d'Algérie et d'avoir un accent différent engendrait des problèmes.
Mon caractère extraverti me poussait à parler énormément et maman me demandait toujours de me taire en raison du fort accent pied-noir que j'avais ramené de l'autre coté de la méditerranée ! ! ! ! !

Puis nous partîmes en Allemagne, à Kronberg près de Frankurt/Main plus exactement, et mes parents durent me mettre en pension dans un lycée français, le fameux lycée Charles De Gaulle de Baden-Baden distant d'environ 300 Km de la maison.
Grand changement dans ma vie, où je ne fréquentais alors que des enfants de militaires ou de diplomates et dont je garde une tendresse sans borne. Pour la petite histoire, grâce à un site Internet, je viens de retrouver une amie de cette époque et toutes les deux avons été très heureuses de ces retrouvailles après quatre décennies ! ! !

Cette époque de ma vie fut riche en apprentissage ; je pense m'être forgée le fait d'être autonome et d'être obligée de me débrouiller ! ! . Je prenais le train toute seule dans un pays où je ne comprenais pas vraiment la langue et gérais toute seule mes petites affaires à partir de 12 ans ! ! !

Bien sur, mes parents étaient présents mais compte tenu des nombreux dimanches ou j'étais collée, je n'avais pas vraiment l'occasion de rentrer souvent. Et puis, il faut bien avouer que les dimanches (même de colle) passés à Baden étaient bien plus agréables que ceux que je pouvais avoir à Frankfort. Pensez donc, nous allions l'après-midi au cinéma militaire ! ! ! ! C'était le summum !!!!
Vous aurez ainsi compris que je menais une existence heureuse et sans problèmes et cela constituait le désespoir de mon père qui, pour couronner le tableau- connaissait le proviseur du lycée, ayant été prisonnier de guerre avec lui ! ! ! !
Combien de fois n'ai-je pas été appelé dans le bureau de M. Meyer qui ne disait : Anne Marie que vais-je pouvoir dire à ton père ?
Cette période idyllique prit fin après que j'eus brillamment loupé mon BEPC mais je passais en seconde : L'honneur était sauf ! ! !

Nous arrivâmes à Lille plutôt Croix Wasquehal où j'eus mon premier moyen de transport : un solex !!! Que j'étais fière ! En effet, je faisais partie d'une équipe de copains dans laquelle tout le monde était motorisé sauf moi ! ! Et pour mon anniversaire j'eus le grand bonheur de recevoir Mon solex ! ! !
Mes parents n'étaient pas très rassurés et maman se cachait le matin au coin d'une rue pour nous voir tous partir ensemble et traverser le parc Barbieux………….
Bien sur, je la voyais et bouillais intérieurement.

Mais c'est à Lille que papa tomba malade et nous dûmes partir en catastrophe nous installer à Ville d'Avray après qu'il se soit fait opérer d'une tumeur au cerveau.
Malheureusement, je perdis mon père à 17 ans. Je pense honnêtement que cela fut la plus grande tragédie de mon existence et maman et moi, mîmes de nombreuses années à nous en sortir et à accepter son absence.

Nous étions toutes les deux dans la région parisienne et décidâmes de nous rapprocher de mes grands-parents maternels. La seule ville universitaire était Reims et nous y arrivâmes en mai 1968 ( juste pendant les événements ! ! )
Je me souviens avec tendresse de cette période mouvementée où pour les jeunes de cette époque, nous pensions que le monde nous appartenait et nous étions fiers d'avoir fait bouger les choses ! ! !
Que dire de cette période si agitée ? Je dois tout de suite vous rassurer : je n'étais pas sur les barricades mais avec mes 18 ans, je soutenais sans vergogne les manifestants de la rue Gay Lussac ! ! ! Toute la nuit, nous écoutions les informations sur Europe 1 et suivions avec attention l'état des événements, prise de la Sorbonne, constructions de barricades et dépavage des rues.

Après avoir fait le déménagement avec maman sur Reims, je repartis chez une amie à Versailles afin de finir ( ou plutôt, tenter de finir) mon année scolaire.
De retour à Reims, les choses n'étaient pas calmées et nous rencontrions encore pas mal de manifestations avec affrontements entre étudiants et CRS ( surtout place du Théâtre !!)

Mais l'année suivante, je loupais brillamment mon bac mais acquis mon permis de conduire du premier coup……………..
Fréquentant mon futur mari, je décidai qu'il me fallait m'assumer et je trouvais du travail dans une importante compagnie d'assurances où je suis restée 25 années ! !!

Voila, les années 60 s'achèvent et pour moi, une nouvelle vie commençait. Nouvelle vie, totalement différente mais pleine de joies et de bonheur avec la naissance de ma fille.

Je pense que ce retour dans le passé et surtout dans son enfance et son adolescence m'a fait du bien et j'avoue avoir pris beaucoup de plaisir à l'écrire.

Je vous remercie de vos lectures et vos commentaires,

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