Ma prise de conscience ! ! !Bonjour,
Chose promise, chose due et je dois avouer avoir été un peu frustrée d'arrêter mon récit sur les années 50. En effet, celui-ci ne me semblait pas complet car je me devais impérativement de vous livrer la suite logique de mon existence ( ! ! ! )
Nous étions donc en Algérie où la situation locale devenait de plus en plus compliquée. Je ne reviendrai dons pas sur notre départ précipité qui a déjà fait l'objet d'un article de ma part.
Pour vous évitez d'aller le consulter, je vous dirai en gros que notre appartement avait été plastiqué et que mon père décida donc de rentrer en métropole avant qu'il ne soit trop tard.
Le déménagement se fit courant septembre et durant cette période, mes parents me laissèrent chez mes grands parents maternels dans les Ardennes.
Je suivis donc pendant trois mois les cours de l'institution Sainte Marie de l'enfant Jésus avec tout ce que cela comporte de contrainte religieuse.
C'est avec une infinie tendresse que je repense à cette période passée avec mes deux grands parents.
J'ai d'ailleurs écrit un article les concernant : "Quelle vie" ! ! et je vous invite fortement à aller le lire afin de vous faire une idée du contexte dans lequel j'évoluais.
Après les vacances de Noël, je partis pour Sète pendant une année.
Là, je découvris les copains, le rock et les mobylettes sans oublier l'étang de Thau après le lycée.
Nous étions alors considérés comme des rapatriés d'Algérie et il faut être honnête : peu aimés par nos compatriotes.
C'est l'époque où je ressentis pour la première fois une forme de racisme ou de discrimination à mon égard ! ! ! Quel choc pour une enfant d'une douzaine d'années qui avait déjà côtoyé tant de cultures et de mentalités différentes (catholique, musulmane ou juive) et qui ne comprenait pas pourquoi le seul fait d'arriver d'Algérie et d'avoir un accent différent engendrait des problèmes.
Mon caractère extraverti me poussait à parler énormément et maman me demandait toujours de me taire en raison du fort accent pied-noir que j'avais ramené de l'autre coté de la méditerranée ! ! ! ! !
Puis nous partîmes en Allemagne, à Kronberg près de Frankurt/Main plus exactement, et mes parents durent me mettre en pension dans un lycée français, le fameux lycée Charles De Gaulle de Baden-Baden distant d'environ 300 Km de la maison.
Grand changement dans ma vie, où je ne fréquentais alors que des enfants de militaires ou de diplomates et dont je garde une tendresse sans borne. Pour la petite histoire, grâce à un site Internet, je viens de retrouver une amie de cette époque et toutes les deux avons été très heureuses de ces retrouvailles après quatre décennies ! ! !
Cette époque de ma vie fut riche en apprentissage ; je pense m'être forgée le fait d'être autonome et d'être obligée de me débrouiller ! ! . Je prenais le train toute seule dans un pays où je ne comprenais pas vraiment la langue et gérais toute seule mes petites affaires à partir de 12 ans ! ! !
Bien sur, mes parents étaient présents mais compte tenu des nombreux dimanches ou j'étais collée, je n'avais pas vraiment l'occasion de rentrer souvent. Et puis, il faut bien avouer que les dimanches (même de colle) passés à Baden étaient bien plus agréables que ceux que je pouvais avoir à Frankfort. Pensez donc, nous allions l'après-midi au cinéma militaire ! ! ! ! C'était le summum !!!!
Vous aurez ainsi compris que je menais une existence heureuse et sans problèmes et cela constituait le désespoir de mon père qui, pour couronner le tableau- connaissait le proviseur du lycée, ayant été prisonnier de guerre avec lui ! ! ! !
Combien de fois n'ai-je pas été appelé dans le bureau de M. Meyer qui ne disait : Anne Marie que vais-je pouvoir dire à ton père ?
Cette période idyllique prit fin après que j'eus brillamment loupé mon BEPC mais je passais en seconde : L'honneur était sauf ! ! !
Nous arrivâmes à Lille plutôt Croix Wasquehal où j'eus mon premier moyen de transport : un solex !!! Que j'étais fière ! En effet, je faisais partie d'une équipe de copains dans laquelle tout le monde était motorisé sauf moi ! ! Et pour mon anniversaire j'eus le grand bonheur de recevoir Mon solex ! ! !
Mes parents n'étaient pas très rassurés et maman se cachait le matin au coin d'une rue pour nous voir tous partir ensemble et traverser le parc Barbieux………….
Bien sur, je la voyais et bouillais intérieurement.
Mais c'est à Lille que papa tomba malade et nous dûmes partir en catastrophe nous installer à Ville d'Avray après qu'il se soit fait opérer d'une tumeur au cerveau.
Malheureusement, je perdis mon père à 17 ans. Je pense honnêtement que cela fut la plus grande tragédie de mon existence et maman et moi, mîmes de nombreuses années à nous en sortir et à accepter son absence.
Nous étions toutes les deux dans la région parisienne et décidâmes de nous rapprocher de mes grands-parents maternels. La seule ville universitaire était Reims et nous y arrivâmes en mai 1968 ( juste pendant les événements ! ! )
Je me souviens avec tendresse de cette période mouvementée où pour les jeunes de cette époque, nous pensions que le monde nous appartenait et nous étions fiers d'avoir fait bouger les choses ! ! !
Que dire de cette période si agitée ? Je dois tout de suite vous rassurer : je n'étais pas sur les barricades mais avec mes 18 ans, je soutenais sans vergogne les manifestants de la rue Gay Lussac ! ! ! Toute la nuit, nous écoutions les informations sur Europe 1 et suivions avec attention l'état des événements, prise de la Sorbonne, constructions de barricades et dépavage des rues.
Après avoir fait le déménagement avec maman sur Reims, je repartis chez une amie à Versailles afin de finir ( ou plutôt, tenter de finir) mon année scolaire.
De retour à Reims, les choses n'étaient pas calmées et nous rencontrions encore pas mal de manifestations avec affrontements entre étudiants et CRS ( surtout place du Théâtre !!)
Mais l'année suivante, je loupais brillamment mon bac mais acquis mon permis de conduire du premier coup……………..
Fréquentant mon futur mari, je décidai qu'il me fallait m'assumer et je trouvais du travail dans une importante compagnie d'assurances où je suis restée 25 années ! !!
Voila, les années 60 s'achèvent et pour moi, une nouvelle vie commençait. Nouvelle vie, totalement différente mais pleine de joies et de bonheur avec la naissance de ma fille.
Je pense que ce retour dans le passé et surtout dans son enfance et son adolescence m'a fait du bien et j'avoue avoir pris beaucoup de plaisir à l'écrire.
Je vous remercie de vos lectures et vos commentaires,



























Vos réactions