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Le temple du dieu faucon
Il y avait quelques temps que je n’avais pas fait de croisière sur le Nil
et à juste avant les vacances de Pâques,
nous avons eu l’occasion, mon mari et moi-même,
d’aller passer quelques jours en famille.
Pour ce faire, nous avons « joué » les touristes
et avons effectué le trajet Luxor –Assouan
sur l’un des bateaux de la compagnie familiale.
Je ne me lasserai jamais de la beauté des paysages
défilant le long du Nil ;
les pêcheurs frappant l’eau avec des bâtons
et remontant inlassablement leurs filets,
les norias ( pompes à eau) avec leurs bœufs qui jalonnent
les rives ou les villages typiques de Haute-Egypte
aux couleurs et style naïf ;
Toutes ces images évoquent le temps qui passe inexorablement.
Mais le plus beau est sans conteste
ces temples que l’on trouve à flanc de colline ;
temple connu ou totalement anonyme.
De retour chez moi,
j’ai pensé qu’il serait agréable de vous faire découvrir
l’un d’entre eux qui depuis mon premier voyage
m’a particulièrement ému :
je veux parler de l’un des monuments
le plus grand et le mieux conservé de l’Egypte ptolémaïque
( 332 à 30 av JC);
le temple d’Edfou avec son architecture
d’une grande richesse dans un état exceptionnel de conservation.
Ce temple, qui mesure 137 m de longueur,
situé à une centaine de kilomètres de Luxor,
en direction d’Assouan, était consacré à Horus,
représenté sous forme d’un faucon, fils d’Isis et d’Osiris.
C’est une copie des temples anciens,
remarquablement conservé grâce à son enfouissement sous le sable.
Mais qui est Horus ?
A l’origine c’est le dieu du ciel
et ses yeux sont le soleil et la lune.
Ensuite, on lui confère le rôle de protecteur du roi
et de la monarchie pharaonique en général.
Il peut prendre de nombreuses formes
selon les lieux où il est adoré.
Mais son lieu de culte essentiel est Edfou.
Ses quatre fils
( Amset à la tête d’homme- Douamoutef le chien - ,
Hâpi le babouin- , Qebehsenouf le faucon )
jouent un rôle essentiel comme protecteurs des canopes
(jarre principalement en albâtre dans laquelle
on conservait les viscères momifiés du défunt près de la momie ;
les couvercles de ces canopes généralement
au nombre de quatre représentent les quatre fils d’Horus)
Etabli en lieu et place d’un ancien lieu de culte,
l’édifice respecte parfaitement les principes architecturaux
d’un temple pharaonique, qu’il s’agisse du plan,
de l’échelle ou de l’ornementation.
Le souci du détail a été poussé
jusqu‘à représenter les rois grecs en tenue égyptienne.
Mais n’oublions jamais que la cité antique,
aujourd’hui en ruines gît sous les maisons de la ville actuelle.
La découverte de ce temple est à porter
au crédit d’Auguste Mariette qui entreprit
de le mettre à jour sur la base d’informations recueillies
auprès des habitants du bourg d’Edfou
construit sur la toiture de l’édifice.
Celui-ci avait été recouvert par le sable du désert
et par les gravas amoncelés au fil des temps.
Après être descendus du bateau,
nous devons immanquablement prendre une calèche
afin de nous rendre sur le site qui se trouve à l’intérieur de la ville.
Après être arrivés sur une place remplie
de commerçants vendant des souvenirs,
nous longeons le temple et passons sous un pylône
par une porte pour arriver jusqu’à l’esplanade située à l’arrière.
C’est dans ce lieu que chaque année se déroulait
la fête du couronnement qui assurait
le renouvellement de la royauté d’Horus
et réaffirmait dans le même temps le pouvoir du pharaon.
La visite commence par le passage de l’unique pylône
qui, par sa taille, est le deuxième d’Égypte après celui de Karnak ;
il mesure 36 mètres de haut et environ 80 de large ! ! !
Il est sculpté de gigantesques reliefs du pharaon Ptolémée XII,
tirant ses ennemis par les cheveux sous le regard d’Horus et d’Hathor
( déesse de la vie représentée comme une vache
qui est son animal sacré ou comme une femme coiffée
d’un disque solaire pris entre deux cornes de vache)
Il existe un escalier de plus de 200 marches
qui conduit au sommet du pylône
mais son accès n’est pas ouvert au public
( afin d’éviter les accidents !!)
Ensuite, nous accédons à la grande cour dallée
comportant en son centre un autel et
sur ces cotés de nombreux piliers comportant
de magnifiques bas-reliefs représentant
le roi avec les dieux.
L’étape suivante est le vestibule ou pronaos
devant lequel se trouve une statue en granit d’Horus
à la tête de faucon surmontée de la double couronne
de la Haute et de la Basse Egypte.
Pour l’anecdote, je vous dirais que cette statue
est actuellement en cours de restauration
et cela gâte un peu le charme de l’endroit…………
.mais d’après les informations,
ces travaux seraient sur le point de se terminer.
Sur les murs, on trouve des bas reliefs
décrivant de nombreuses scènes rituelles d’offrandes
et de nombreuses représentations de pharaon.
La décoration est parfaitement symétrique
et on retrouve le roi, coiffé à gauche
de la couronne rouge de la Basse-Egypte et
à droite de la couronne blanche de la Haute-Egypte.
La première salle hypostyle ou vestibule
est ornée de douze gigantesques colonnes
ornées de chapiteaux variés.
Notre guide nous a précisé que
les portes de cette salle ne s’ouvraient
qu’à certains profanes lors de rares manifestations religieuses..
On y trouve deux minuscules chapelles
dont une a été baptisée bibliothèque
car ses bas-reliefs représentent un catalogue d’ouvrages,
le grand prêtre y trouvait le papyrus
qui contenait la liturgie du jour.
De cet endroit nous pouvons rejoindre
le corridor qui fait le tour du temple par l’extérieur.
Puis nous arrivons à la salle hypostyle
qui précède le sanctuaire.
De nombreuses colonnes supportent
le plafond de cette salle percé d’ouverture
qui laissent filtrer une lumière atténuée.
Une petite salle s’appelle le laboratoire
car les murs évoquent la préparation des parfums
et des huiles destinés aux usages du culte.
Juste à coté se trouve un escalier
qui conduit à la terrasse du temple.(242 marches).
Avant la dernière étape, nous devons traverser les antichambres ;
Elles sont au nombre de deux dont le niveau est chaque fois surélevé.
Des représentations d’offrandes forment le décor des murs.
Le saint des saints : le naos de granit noir s’y dresse encore ;
il abritait la statue du dieu.
Devant se trouve un socle également en granit noir
qui servait de support à la barque sacrée ;
Une barque a été retrouvée à l’intérieur du temple
mais celle que l’on peut observer aujourd’hui
n’est qu’une reproduction reconstituée par l’archéologue Mariette.
Ensuite, nous visitons le corridor qui contourne le temple
par l’extérieur et qui permet de contempler le fameux nilomètre
( puit rituel alimenté par l’eau du Nil
permettant ainsi d’en apprécier le niveau).
Fin de la visite et retour avec la même calèche au bateau,
les yeux remplis de souvenirs et avec le sentiment
d’avoir effectué un bout de chemin
avec les dieux de l’époque.
Je vous dois des explications quant au choix du temple d’Edfou
plutôt qu’un autre , mais celui-ci est d’une richesse sans pareille
: en effet, on y trouve une série de textes
commémoratifs gravés sur les parois
nous donne une chronologie précise de sa construction :
début de la construction du naos
( le saint des saints
c'est-à-dire l’endroit où résidait la statue du dieu vénéré) :
le 23 août 237 av. JC.
Puis le sanctuaire fut consacré le 10 septembre 142 av. JC.
Ensuite vinrent le pronaos ( première salle hypostyle)
et le pylône dont les portes en bois de cèdre
furent posées en 70 de l’ère chrétienne.
Le temple est de construction tardive ;
les travaux ont débutés sous Ptolémée III en 237 av. JC.
Pour s’achever presque deux siècles plus tard
sous Ptolémée XII le père de Cléopâtre, en 57 av. JC.
Toutes ces dates précises nous ont été fournies
par un responsable des antiquités………….
Les inscriptions gravées sur les murs des chapelles
ont également permis de déterminer de nombreux usages
( momification, recettes, préparation de parfum etc).
Hathor, à tête et oreille de vache qui séjournait
à Dendara à 160 kilomètres en amont,
venait chaque année rendre visite à son époux Horus
pendant deux semaines et
cet événement appelé « fête de la réunion »,
donnait lieu à d’importantes réjouissances populaires.
Depuis 1993, le site est soumis à un grand projet
de développement comprenant entre autre la conservation
et la restauration du temple et
la planification du chemin menant au monument.
Un spectacle son et lumière et également en projet ;
ce qui augmentera considérablement le nombre de visiteurs
.( Actuellement par jour : de 4500 à 5000 en hiver
et 3000 à 3500 en été)
Pour ce faire, on du changer l’entrée du temple :
en effet l’ancienne entrée semblait étrange
car lorsque l’on arrive sur le site,
on voit un grand mur plein de hiéroglyphes,
qui n’est pas la véritable façade du temple ;
dorénavant, on arrivera directement
par l’entrée principale telle qu’elle était,
il y a environ 2000 ans c'est-à-dire en face du pylône! ! !
Cela ajoutera à la majesté et à la magie du lieu.
J’espère de tout cœur que vous comprendrez mon choix
et lorsque d’aventure, vous passerez par Edfou,
peut être aurez vous la chance
de découvrir le nouveau son et lumière
qui ne manquera pas de vous retracer l’histoire
du dieu faucon et de la dame de Dendara ! ! !
Merci de vos lectures et à bientôt,
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